J’entendais au téléphone une voix isolée, qui parlait sans interlocuteur. De quoi, malgré ma curiosité je n’osais la comprendre.
Cette voix ces paroles étaient un a cappella perdu. Je crois, elle devait rechercher ses instruments pour recouvrir sa nudité, la guider en de filaments harmonieux jusqu’à l’achèvement. Trouver dans l’autre un orchestre qui saurait l’accorder en dialogue.
Quelle était son origine? Elle devait aussi l’avoir égaré. A force d’errer à la recherche de son complément, elle avait oublié son corps. La chanson dévêtue, était devenue psalmodie.
Et puis, à la longue, je me suis surpris à en reconnaître des notes. Les fibres de cette voix, alignées, composées ensembles, ressemblaient à mon visage.

(petit texte inspiré par le garçon "Plus emo tu meurs, chaton du jour, Harry Potter." )