Déjà parce qu'ublog agonise et qu'en rendant son âme il a décidé de l'accompagner, au passage, de son corps. Idébile, mon tout second antre virtuel en faisait partie, le bien-nommé "Dérives à l'envers" dont les vers et les rives m'avaient pris tant de temps: http://www.u-blog.net/derivesalenvers.
Récupération des textes, donc, exil. Ca m'a permis de m'y replonger; je me trouve souriant, frais, ces lieux communs déclamés dans l'entrain de la découverte, ces ébauches tâtonneuses, iridescentes, parfois même les restes de ma période relativement maladroite de droite malade, c'est mignon comme une progression. Les Dérives datent d'il y a 1 ans et demi. Peut être un peu court jeune homme, pour la rétrospection. C'est que, je ne crois pas être un génie, il m'a fallut du temps pour le remarquer et décider que faute de dons d'avatar surpuissant, je pourrais toujours travailler à avoir beaucoup de talents. Ce qui, entre nous, est un succès.
Et je me relis, et je constate à quel point mon ego-trip est modéré, c'est d'une coquetterie délicieuse. Le snoobisme n'a pas été un mouvement très perçant, mais je m'y tiens. A propos, je me suis remis à écouter du Kilar, son géocentrique Requiem father Kolbe, ce qui m'a ramené vers le club des génies polonais, Preisner et son globesque Requiem for my friend, et autres Lutoslawski ou Goreki. Sans oublier, glissements logiques vers Arvo Pärt. J'avais perdu d'oreille la musique contemporaine. Grave erreur, toujours garder un peu de musique contemporaine au creux des tympans* devrait on rappeler plus souvent. Il faut dire que depuis quelque temps je me suis presque limité au rock, j'avais trop de classiques à rattraper. Il faut bien connaître, après tout, les groupes que l'on écoute pas, subir suffisamment de Janis Joplin, des Who, des Clash ou de Jimi Hendrix pour sortir avec une moue méprisante qu'ils nous emmerdent. Comme une punition, pour l'impardonnable iconoclastie.
(*J'ai bien fait de vérifier, j'avais écrit "tampon" à la place)

Ensuite, parce que justement j'ai acheté Once Upon a Time in the West d'Hard-Fi, le meilleur opus rock depuis The Besnard Lakes and the Black Horse et l'All of a Sudden I Miss Everyone, tous deux de février. Editors et Arcade Fire ne feront certainement pas partie du top 5 de l'année. Il leur faudra encore combattre la folie des derniers Animal Collective et l'antalgie de The Go!Team. En attendant, télécharger Heart it Races, d'Architecture in Helsinki, Wet & Rusting de Menomena, et Les Femmes, de Yelle. Sinon, se reporter sur la bonne MIA, ou sur le début du premier cd de Sayem.
Il y en a d'autres encore, bonne période. La rentrée est toujours intéressante pour un domaine particulier, comme s'il n'y avait pas de places pour plusieurs. Cette année c'est la musique. Il y a deux ans c'était la littérature. Et l'année dernière le cinéma.
Bientôt, cependant, une sélection de films des plus bandants. Le Control de Corbijn, le très bel Alexandra de Sokurov, le Paranoid Park de Gus Van Sant, l'Autre Côté de Fatih Akin et l'I'm not there du fameux Todd Haynes. Quant au prochain Wong Kar Wai, il serait trop entendu de dire que je l'attends tendu.
A propos de cinéma, ai décidé de me lancer le plus vite possible dans un nouveau court métrage. "Les Jours de Cerf-volants". Ce sera après mon stage -déjà des rendons-nous d'entretiens, mais rien n'est tout à fait sûr. J'ai un besoin pressant oppressant de filmer, j'aimerais tellement que ce soit aussi simple qu'écrire. Mais ce serait trop facile, ça aurait un côté profane.

Enfin parce que je me suis remis aux musées de peinture. La peinture et le dessin font partie avec la musique contemporaine des choses que j'ai laissé tombé depuis mon échappatoire de l'école d'art appliqué. En fait, je m'y étais d'abord rendu pour les vidéos de Douglas Gordon et de Paul McCarthy (jeux de mains jeux de demain du premier toujours plaisants, vulgarité crasse du second toujours aussi morvesque), et puis, instinctivement, pour en avoir pour mon argent, errances parmi les tableaux. Et j'ai noté une chose: le cliché de la chute de la peinture dans la seconde partie du XXème est faux. Le XIXème, le XVIIIème siècle, ont tout autant de tableaux sans aucun intérêt qu'on ne garde que par pitié culturelle. La seule différence étant qu'à l'époque, cette majorité d'artistes à bâillements prenaient au moins la peine de combler leur platitude par un travail rigoureux. Sauf que peinture de qualité ou non, l'ennui reste l'ennui (putain il est 4h36, le nombre est joli, joli enchanté mais épuisé).
PS: confondre, à chaque fois Austerlitz avec Auschwitz. Gênant lorsqu'on parle des déportations à Austerlitz, beaucoup plus lorsqu'on demande si notre RER va bien en direction d'Auschwitz. Et si on devait me pardonner un concluant jeu de mot, je dirais que je cours à mon austère lit.