orgiaque

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En lisant un article sur la religion en France, j'ai remarqué une analogie intéressante: d'après les sondages et statistiques, ces deux périodes de jeunisme ont été les deux plus grands vides pour le christianisme français, en matière d'adeptes.
Faut-il en conclure que notre société s'imposerait un ultimatum "Dieu ou les jeunes"? Se poser cette question consciemment, cela revient à choisir entre l'immortalité et l'éphémère. Choix paradoxale quand on constate que ce que les gens recherchent en la jeunesse, c'est l'immortalité (maintenir sa vie dans la vigueur, la beauté, la fraîcheur...) -tandis que Dieu, Lui, devient un soutien temporaire, l'appui du moment. On en est là. Pourquoi cet échange? Sans doute parce que Dieu est un absolu infini. Et que l'adolescence est son contraire: elle est un mouvement où rien n'est encore défini, corps, sexualité, choix professionnels, goûts personnels; c'est la période de l'évolution. Le jeunisme arrive ainsi quand on a besoin de changements (Dieu, toujours associé à la fin, se rétabli lorsque cette tension retombe, comme pour s'en consoler), de retourner au point de départ. Le point zéro, la page vierge. Oui, voilà le véritable paradoxe de l'adolescence, il s'agit d'un passage à l'état humain, une "humanité en devenir", et en même temps de l'apogée de cette humanité (Dieu?) qui se dégradera par la suite. Ce que l'on cherche en elle, ce sont ces brides d'inhumanité, non pas pour "fuir le réel", comme le dirait Finkielkraut, mais pour l'achever. Dans ce domaine, notre société a l'air de trouver que l'adolescence marche mieux que Dieu. Après un certain âge, elle est pourtant aussi peu concrète.
Et le remplacer par un autre réel? Celui d'une perpétuelle jeunesse, qui s'épanouira sous la révolution eugéniste, la technologie corporelle ou le clonage? Ou celui du chaos, tel que se plaisent à nous décrire les nostradamus en tous genres, que ce soit un chaos économique, morale, social, ou surtout, écologique... Dans ce cas là, voilà une bonne raison d'aimer les nouvelles générations: ils vont peut être en baver encore plus que nous.
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Et moi j'arrête là mon texte, sa rédaction a été particulièrement chiante. Vous voyez, j'ai vieillis, j'ai de moins en moins de grandes envolées dans mes textes, et de plus en plus l'impression de radoter. D'ailleurs, ma dernière excursion nocturne. Il y avait, à côté des djs, devant tout le monde pour bien montrer la robe dolce, la "fille classe de la soirée". Nos regards se croisent quelques secondes (c'est très long quelques secondes en boîte), très hollywoodiens, faussement froids, d'un froid faussement naturel. Elle vient me voir peu après et me demande mon âge. Je lui dis 20 ans, c'est vrai après tout. Avec sa main elle m'effleure ma joue mal rasée, et me dis "ah, dommage". Trop vieux, et elle s'en va, tant pis. Merde.






Je voterai pour le candidat qui nous débarrassera de cette putain de loi anti-tabac. Et que crèvent les mal-baisés.
Voilà, c'est dit, je suis engagé.

C'est maintenant clair: il m'est de plus en plus difficile d'écrire devant mon ordinateur. Je ne comprends pas pourquoi. Peut être ses ondes forment-elles un bouclier incompatible avec les miennes, ou mes pensées refusent-elles de s'accoupler avec un clavier trop lisse et impersonnel. Il est vrai que le crayon a plus de charme. Son contact est plus charnel, sa danse plus élégante et créative. On le choisit selon nos goûts, on mord dedans, on le taille avec nos ciseaux et nos rictus d'écritures. Le brouillon, notamment, est un paysage que ne comprendront jamais les sourires email diamant de l'ordinateur; un espace de jeu dont les formes se moquent bien de l'uniformité de l'écran. C'est peut être pour se venger de cette constatation que ce dernier se refuse à moi.
Enfin quoi qu'il en soit j'écris mieux dans les lieux qui ne sont pas fait pour ça. Dans les saunas, aux amants furtifs, aux mains fantômes et aux amours aquatiques. Sexe sous l'eau, sexe à trois, et même, rare étrangeté, sexe normal, moteur pour l'écriture. Dans les trams aussi, entre l'envol des regards furtifs, à laisser échapper entre les lignes, et les decrescendos des discussions du soir, aux fragments dont les vides enfanteront les regards du lendemain. Mais là où les mots me viennent le plus rapidement, c'est en boîte. J'aime particulièrement cet endroit, au Queen, où se retrouvent les trop bourrés, les dépressifs, les paumés qui avaient besoin de passer la nuit quelque part, ou ceux qui ont une overdose (très justifiable) de techno. Pendant que j'élaborais mon poème, un voisin s'est mis à me parler de sa mère, de ses petits déjeunés avec elle, de son journal intime. Il était plutôt mignon, et a passé la nuit à se chercher une fille -misère, quand tu nous tiens. La grande fille aux cheveux noirs, quant à elle, n'a toujours pas voulu danser; les gens l'abordaient non pas pour la draguer mais pour comprendre pourquoi elle glaçait la boîte. Peut être trouve-t-elle leurs pulsions de vie trop sûres d'elles. Les petits personnages dans la boîte, n'est-ce pas un semblant de vie, un mécanisme interne où il suffit de tourner les manivelles pour que les ficelles fassent leur travail? Cela se voit encore mieux d'en haut, fascinants mouvements de marionnettes dont ils sont eux même les accordeurs. Et pour l'écriture, qui donc est l'accordeur de l'écriture?
Manivelles aux effleurements
Chaque être est une ligne d'horizon. Qu'y a-t-il au delà?
Je lis entre elles et n'y vois rien. Rien que les résurrections hâtives d'un infini, mises en éveil par les effleurements de morts, qui font se tordre les lignes.
Lumières spasmodiques. Lumières charnelles. Poses outrées. Lumières pénètrent dans la poitrine, pour y renifler ses restes, cette odeur s'évaporant en électrochocs et en clair obscur, où chaque apparition de corps, révèle leur fin.

Si on me lit on me reprochera la répétition de "ligne d'horizon" dans mes textes (pour la dépasser?), mais quand il est 4 heure du mat on en est plus à ça près. De toute façon ce post est typique de ceux qui ne sont pas lu. J'aime bien écrire pour ne rien dire, ça me rassure, c'est là que je trouve que j'ai du talent. Alors que lorsque j'ai une théorie à défendre, je m'ennuie vite. Le rien, lui, ne m'ennui pas. Il me fait juste peur -peur surtout d'avoir à le remplir de façon pathologique plus tard, lors de ce moment fatal où la vieillesse ne trouve pas son compte en souvenirs nostalgiques, et qu'il ne reste que le regret. Il vaut mieux remplir le vide maintenant. Et c'est peut être cette perspective de vie comme ordre pressant qui me dérange, qui me bloque, presque. L'obligation du contacte avec autrui, par exemple, obligation de baiser. Alors qu'il n'y a pas moins séducteur que moi (lorsque j'étais encore vierge j'osais tout, maintenant je suis retourné aux regards fuyants et aux "je passe mon chemin"). Obligation de ces lieux pleins de vie, restaus bars grandes surfaces boîtes de nuit, lieux de marionnettes et de mécanismes étonnement bien huilés. Encore faut-il éviter d'y trouver un miroir trop sinistre de nos limites -ce qui est encore arrivé à la grande fille aux cheveux noirs. On peut y trouver l'écriture, c'est déjà ça.
Même quand ça consiste à écrire pour ne rien dire du tout.

(photo d'un autre angle, qui n'a pas voulu se tenir dans le bon sens: est-ce cela, ou Duras, qui a fait fuir les gens?)



Pourquoi faut-il qu'en live les artistes soient, pour la plupart du temps, décevants? Pourquoi faut-il que Franz Ferdinand, The Doors, ou Emilie Simon, détruisent leurs chansons lorsqu'ils ne sont plus protégés par leurs arrangements de studio?
Pourquoi l'émission Tracks se rabaisse-t-elle à filmer un guignol prenant son pied à se donner deux ou trois gifles ou à glisser des escaliers avec une planche en carton? Quel intérêt par rapport à la performance de gifles de Marina Abramovic et Ulay (http://www.youtube.com/watch?v=PndmJaStLgQ)? Quel intérêt par rapport aux cascades suicidaires des Jackass? Triste d'observer une émission si fière de sa trash attitude, se dégrader ainsi en sécrétion d'ados attardé....
Et pourquoi les acteurs Antonio Banderas, Brad Pitt, Tom Cruise, Samuel Le Bihan, Keanu Reeves ou Redford, continuent-ils de jouer? Ils doivent pourtant bien sentir qu'on ne veut plus les voir, qu'on veut passer à autre chose... Et s'ils ne veulent pas respecter nos choix, qu'ils aient alors un minimum de respect pour eux même: ne voient-ils donc pas que leurs films sont nuls?? Les acteurs, c'est comme les sportifs, ils devraient avoir des retraites obligatoires.
Mais encore, il y a plus scandaleux: pourquoi les mannequins de Dior ou de Burberry sont-ils aussi moches? Les mannequins laids, ça devrait être interdit, condamné, censuré. Quand une élite tient à ce point sur des choix subjectifs, on évite de jouer à la provocation. Ou alors on ne prend qu'un seul thon, comme chez Nothomb, et on fait de lui la perle rare. Mais en faire une généralité.... quelle idée de détruire ainsi tout un système de valeur.........................
D'ailleurs, à propos de mode, comment peut-on vivre sans porter ces pantalons McQueen, avec une veste noire au col mao, ou ce merveilleux pull prada avec gants noirs??? Plus je me l'demande et plus je trouve que j'ai du mérite. J'espère au moins que le nombre incalculable de privations que ma misérable condition m'inflige me vaudra mes places au Paradis. En attendant, quand est-ce que notre état-providence comprendra que les besoins vitaux qu'il se doit d'apporter aux citoyens, ne sont pas les mêmes pour tous?? JE VEUX UN PULL PRADA

(au cinéma, c'est différent, forcément. Même dans les mauvais films)

